Date: février 23, 2021
Créé par : George Kiorpelidis
Lorsque nous sommes confrontés à des événements difficiles à l’échelle mondiale, comme les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, il ne faut pas sous-estimer le niveau de stress et d’anxiété que vivent les gens. Les rapports quotidiens sur les infections et les décès agissent comme un rappel constant et douloureux, tout comme l’étaient les images répétées des tours frappées puis effondrées. Les ressources en santé mentale sont poussées à leurs limites, et des sondages estiment que jusqu’à 11 % de la population souffre de symptômes de stress post-traumatique (SSPT). Malgré ces temps difficiles, l’économie – pilier essentiel de notre stabilité – doit continuer à fonctionner. Que peuvent faire les employeurs et les entrepreneurs face à une telle adversité ?
L’histoire nous a enseigné des leçons précieuses sur la façon non seulement de survivre, mais aussi de prospérer dans les circonstances les plus éprouvantes. Au Leadership Journal, nous ne prônons pas la mentalité du « garder la tête haute à tout prix » ; être résilient et confiant est essentiel, mais si vous ressentez des symptômes d’anxiété ou de dépression, nous vous encourageons vivement à consulter un professionnel de la santé.
L’article suivant propose aux leaders des pistes concrètes et des outils pour aider leurs équipes à s’épanouir même en temps de crise, comme lors de la pandémie actuelle de COVID.
Étape n°1 – Réévaluer sa situation
Le psychologue Isaac Galatzer-Levy et ses collègues ont étudié la façon dont les gens réagissent après avoir vécu des traumatismes extrêmes, tels que la perte d’un proche, une blessure grave ou un combat en zone de guerre. Ils ont constaté que la majorité d’entre eux — 65 % — suivaient ce qu’ils appellent une « trajectoire résiliente« . Cela signifie qu’ils parviennent à rester psychologiquement stables malgré l’épreuve. Beaucoup d’entre eux ressentent même un bien-être accru après le traumatisme. Comment est-ce possible ?
L’une des raisons évoquées est que de nombreuses personnes choisissent de réfléchir à leur parcours de vie après un événement traumatisant. Elles réévaluent leurs priorités et adoptent une vision plus reconnaissante de leur existence. Certaines changent de carrière, retournent aux études ou renouent avec leur famille, leurs amis ou leur communauté. Ce processus conduit souvent à un plus grand sentiment de but, de connexion sociale et parfois même de spiritualité. Les psychologues appellent cela la « croissance post-traumatique » (PTG), un phénomène relativement courant. Dans une méta-analyse de plus de 10 000 survivants de traumatismes, environ 50 % ont déclaré avoir connu une certaine forme de PTG.
Au Leadership Journal, nous ne prétendons pas que vivre un traumatisme dévastateur est nécessaire pour grandir. Et nous ne minimisons en aucun cas la douleur de ceux dont le traumatisme a été trop profond pour permettre un retour à la normale. Mais les données montrent que réévaluer notre situation actuelle et laisser un sentiment de gratitude nourrir notre volonté de définir de nouvelles priorités et d’atteindre de nouveaux objectifs peut nous aider à surmonter l’adversité.
Étape n°2 – Reconnecter avec vos valeurs
Malgré le stéréotype du patron dur et inflexible, la plupart des leaders se soucient profondément de leurs équipes. De nombreux témoignages montrent à quel point les dirigeants souffrent du stress lié à leur incapacité de protéger leurs employés. Une histoire me revient en tête : celle d’un fondateur de start-up confronté à un licenciement massif de 60 % de son personnel. Un changement imprévu du marché avait réduit drastiquement la trésorerie, rendant impossible le maintien du niveau actuel de la masse salariale. Continuer ainsi l’aurait mené tout droit à la faillite. L’un de ses investisseurs lui a dit : tu peux essayer d’être un héros et décevoir tout le monde, ou bien voir cette situation comme une opportunité et une responsabilité : prendre soin, de manière exceptionnelle, de ceux que tu pourras garder.
Aussi difficile que cela paraisse, cette situation est bien réelle pour beaucoup de leaders. Mais alors, comment vos valeurs peuvent-elles vous aider dans une telle épreuve ?
Le psychologue George Bonanno et ses collègues ont étudié les personnes touchées par les événements du 11 septembre. Leur recherche a montré que celles ayant un sens clair du but et de l’autonomie étaient plus susceptibles de faire preuve de résilience. Cela se traduisait aussi par une meilleure moralité au travail. En revenant à vos valeurs fondamentales et en décidant de les incarner plus pleinement, vous augmentez vos chances de traverser l’épreuve avec force. Et en tant que dirigeant, vous pouvez guider vos équipes à faire de même.
Comment faire ? Invitez vos collaborateurs à écrire ce qui est important pour eux, d’un point de vue éthique et humain. Donnez l’exemple en partageant vos propres valeurs. Créez un espace de discussion autour de ces sujets ou, si nécessaire, faites appel à un facilitateur externe.
Vous hésitez à investir dans cette démarche ? Sachez que lors d’une importante restructuration dans un hôpital public, les dirigeants ont organisé des ateliers pour aider le personnel à exprimer sa colère et sa tristesse. Ils ont invité les équipes à contribuer à la reconstruction d’un meilleur hôpital. Résultat ? La motivation est remontée en flèche, l’absentéisme a chuté, la productivité a augmenté… et les erreurs médicales ont diminué, entraînant moins de poursuites et des primes d’assurance réduites. Bref, un impact positif pour tout le monde.
Étape n°3 – Renforcez la culture d’équipe
À Madrid, après les terribles attentats terroristes de 2004, les survivants s’en sortaient nettement mieux lorsqu’ils faisaient partie d’une communauté solidaire. Une étude menée sur plusieurs semaines a révélé que de nombreux Espagnols avaient davantage parlé à leurs voisins, amis et proches de leurs émotions. Ceux qui partageaient davantage de façon empathique avec leur entourage ont connu un plus grand sentiment de bien-être et de positivité.
La connexion avec les collègues et les proches a été profondément bouleversée par la pandémie. Bien que la visioconférence nous ait permis de rester productifs, elle ne remplace pas les interactions spontanées et humaines du bureau. Tony Hsieh (le fondateur de Zappos), parlait de ces moments comme des « collisions » – ces rencontres improvisées qui favorisent la créativité et le lien social. Aller déjeuner avec un collègue ou marcher pour discuter d’un problème contribue énormément à construire une culture d’équipe forte. Alors, comment compenser cette nouvelle réalité ?
Heureusement, les leaders peuvent prendre des mesures concrètes pour combler le manque de lien physique. Les experts s’accordent à dire qu’il est essentiel d’inclure des moments informels dans les réunions planifiées. Autoriser vos employés à exprimer leurs émotions – et montrer par l’exemple que c’est acceptable d’être stressé ou triste – renforce aussi la confiance. Organisez une visioconférence dédiée uniquement à la connexion humaine : caméra activée, salon en arrière-plan, échanges sur la vie personnelle… cela crée une vraie proximité. Souvenez-vous : ce que vous dites importe moins que la façon dont vous faites sentir les autres.
Pour d’autres conseils sur la manière de rester connecté avec votre équipe, consultez le site de Ressources naturelles Canada (NRCan).
Conclusion
Nous vivons actuellement l’un de ces moments rares dans l’histoire où l’humanité, en tant que famille, est appelée à faire preuve du meilleur d’elle-même en matière de leadership. Pas seulement ceux qui portent un titre, mais surtout ceux-là ont la responsabilité d’aider leur entourage à évaluer leur situation (choix de vie) et à les soutenir dans les changements qu’ils pourraient souhaiter entreprendre face aux circonstances actuelles.
Adopter un leadership fondé sur des valeurs est toujours un choix avisé, et cela l’est encore plus aujourd’hui. Les études montrent de plus en plus qu’un lien fort entre nos valeurs et notre vocation génère des équipes plus productives et engagées.
Enfin, prenez le temps de vous connecter personnellement aux gens autour de vous. Cela peut être inconfortable au début, d’être confronté à des « émotions désordonnées » ou de ne pas avoir toutes les réponses. Mais qui les a vraiment ? Vous pouvez vous sentir imposteur en partageant leurs angoisses tout en ressentant les vôtres… mais sachez que le simple fait d’écouter, sincèrement, est déjà un geste puissant. Vous n’êtes pas obligé(e) de vous livrer (même si cela crée un lien de confiance), mais être une oreille attentive peut véritablement tout changer.
Un grand merci au professeur de psychologie Jamil Zaki de l’Université Stanford, auteur de The War For Kindness: Building Empathy in a Fractured World, pour les recherches citées dans cet article.
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Liz Wiseman est chercheuse et conseillère exécutive. Elle enseigne le leadership auprès des plus grandes organisations à travers le monde. J’ai récemment lu l’un de ses livres à succès, Multipliers. Dans Multipliers, Liz explique comment certains leaders diminuent — souvent sans s’en rendre compte — l’intelligence et la productivité de leurs équipes, en limitant leur potentiel plutôt qu’en le faisant grandir.
À la minute 4:34 d’une conversation entre le géant du marketing Gary Vaynerchuk et le fondateur d’ActionCOACH, Brad Sugars, Gary lance une vérité qui m’a fait arrêter net :
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